- La cible officielle est de 380 000 nouveaux résidents permanents en 2027, en 2028 et en 2029, plus 370 000 nouveaux travailleurs et étudiants temporaires par année.
- En dehors de cette cible, une mesure temporaire d'un an ajoute jusqu'à 200 000 places de résidents permanents en 2027 : jusqu'à 100 000 travailleurs et jusqu'à 100 000 personnes de certains groupes humanitaires et familiaux.
- Cette mesure n'est pas une nouvelle voie d'accès. Elle accélère les demandes de personnes qui sont déjà au Canada et déjà dans la file d'attente.
- Le plan ne dit rien sur la citoyenneté, alors que l'estimation d'IRCC pour une preuve de citoyenneté est d'environ 34 mois.
6 novembre 2026
380 000 nouveaux résidents permanents en 2027, en 2028 et en 2029
Jusqu'à 200 000 de plus en 2027, grâce à une mesure temporaire d'un an
370 000 nouveaux travailleurs et étudiants par année
Les places supplémentaires ne font qu'accélérer les demandes de personnes déjà au Canada et déjà dans la file d'attente
La cible officielle pour 2027 est de 380 000 nouveaux résidents permanents, mais le chiffre réel pourrait atteindre 580 000.
Le 5 novembre 2026, le gouvernement fédéral a déposé son Plan des niveaux d'immigration 2027-2029 en même temps que le Budget de 2026. Les cibles principales n'ont pas bougé. L'essentiel se trouve ailleurs que dans le tableau.
En plus des 380 000, IRCC a annoncé une mesure temporaire d'un an pour traiter jusqu'à 200 000 demandes de résidence permanente de personnes qui se trouvent déjà au Canada. Selon IRCC, ces places s'ajoutent en dehors des cibles du plan des niveaux. Si elles sont toutes utilisées, 2027 pourrait devenir la plus grosse année d'admissions de résidents permanents de l'histoire du Canada.
Je suis Cédric Marin, avocat en citoyenneté et en immigration à Ottawa, ancien auxiliaire juridique à la Cour fédérale et ancien commissaire de la Commission de l'immigration et du statut de réfugié. Voici ce que dit le plan, ce qu'il passe sous silence et ce qu'il signifie si vous êtes déjà au Canada.
Les chiffres en bref
Le plan fixe les mêmes cibles pour 2027, 2028 et 2029. L'immigration économique demeure à 64,4 % des admissions de résidents permanents.
| Catégorie | Cible annuelle | Fourchette |
|---|---|---|
| Résidents permanents (total) | 380 000 | 352 500 à 422 000 |
| Immigration économique | 244 700 | 230 000 à 270 000 |
| Regroupement familial | 81 000 | 76 000 à 89 000 |
| Réfugiés et personnes protégées | 49 300 | 42 000 à 55 000 |
| Considérations d'ordre humanitaire et autres | 5 000 | 4 500 à 8 000 |
| Nouvelles arrivées temporaires (total) | 370 000 | 355 000 à 385 000 |
| Nouveaux travailleurs | 220 000 | |
| Nouveaux étudiants étrangers | 150 000 |
Source : IRCC, Rapport annuel au Parlement sur l'immigration 2026, annexe sur le Plan des niveaux d'immigration 2027-2029.
Les admissions d'immigrants d'expression française à l'extérieur du Québec passent de 9,5 % en 2027 à 10,5 % en 2028, puis à 12 % (environ 40 200 personnes) en 2029. À titre de comparaison, le Canada a admis 393 770 résidents permanents en 2025 et un record de 483 640 en 2024.
La mesure temporaire de 200 000 places
IRCC ajoute des places pour une année, en dehors des cibles du plan des niveaux, afin de traiter jusqu'à 200 000 demandes de résidence permanente en 2027. Le Budget de 2026 prévoit 302,3 millions de dollars sur quatre ans pour la mettre en œuvre.
Ce n'est pas une nouvelle voie d'accès. IRCC est clair : on ne peut pas présenter de demande au titre de cette mesure, et elle n'augmentera pas les admissions de façon récurrente. Elle accélère les demandes de certains groupes de personnes qui se trouvent déjà au Canada.
Travailleurs (jusqu'à 100 000 places). Les travailleurs qui vivent déjà dans des collectivités à l'extérieur du Québec, ainsi que leur famille, qui :
- attendent une décision au titre d'un programme maintenant fermé aux nouvelles demandes, comme le Programme de visa pour démarrage d'entreprise, le Programme des travailleurs autonomes, le Projet pilote sur l'agroalimentaire ou les programmes pour les travailleurs de soins à domicile (aides familiaux);
- ou sont admissibles au Programme des candidats des provinces, grâce à des allocations plus importantes pour les provinces et les territoires.
Motifs humanitaires et famille (jusqu'à 100 000 places). Les personnes déjà au Canada qui ont déjà présenté une demande, notamment :
- les époux, conjoints de fait et enfants de Canadiens et de résidents permanents qui attendent une décision finale (IRCC prévoit que les délais pour les époux se rapprocheront de 12 mois à l'extérieur du Québec);
- les demandes restantes au titre des voies d'accès à la résidence permanente pour les résidents de Hong Kong, fermées le 31 août 2026;
- les demandes restantes au titre de la voie d'accès pour la réunification des familles ukrainiennes, fermée le 22 octobre 2024;
- les demandeurs au Canada pour des considérations d'ordre humanitaire dont la demande est déjà approuvée en principe.
Cette mesure s'ajoute aux mesures ponctuelles annoncées l'an dernier pour 2026 et 2027 : environ 115 000 personnes protégées et 33 000 travailleurs au Canada. Le plan indique « s.o. » pour ce qu'il en reste en 2027; nous ne savons donc pas combien de ces personnes obtiendront la résidence permanente l'an prochain.
Pourquoi le vrai chiffre se trouve hors du tableau
C'est la même approche que l'an dernier : maintenir la cible officielle stable, puis gérer la pression réelle au moyen de mesures ponctuelles en dehors du plan. Un plan des niveaux devrait présenter le chiffre complet au même endroit, et celui-ci ne le fait pas.
Cibles officielles et mesures ponctuelles hors plan, de 2018 à 2027
Nouveaux résidents permanents par année, selon le plan des niveaux de chaque année
- Cible officielle
- Mesures ponctuelles hors cible
* Les quelque 148 000 places indiquées pour 2026 (environ 115 000 personnes protégées et jusqu'à 33 000 travailleurs) sont réparties sur 2026 et 2027. IRCC ne les a pas ventilées par année. Sources : plans des niveaux d'IRCC, de 2018-2020 à 2027-2029.
Voir les chiffres
| Année | Cible officielle | Hors cible | Total |
|---|---|---|---|
| 2018 | 310 000 | 0 | 310 000 |
| 2019 | 330 800 | 0 | 330 800 |
| 2020 | 341 000 | 0 | 341 000 |
| 2021 | 401 000 | 0 | 401 000 |
| 2022 | 431 645 | 0 | 431 645 |
| 2023 | 465 000 | 0 | 465 000 |
| 2024 | 485 000 | 0 | 485 000 |
| 2025 | 395 000 | 0 | 395 000 |
| 2026 | 380 000 | environ 148 000 | environ 528 000 |
| 2027 | 380 000 | jusqu'à 200 000 | jusqu'à 580 000 |
Pourquoi? À mon avis, le gouvernement tente de justifier une hausse à un moment où une bonne partie de la population voit l'immigration d'un mauvais œil. Une cible stable de 380 000 est plus facile à faire passer que 580 000. Le plan s'engage aussi à maintenir les admissions de résidents permanents sous 1 % de la population, mais seulement « au-delà de 2027 ». La porte reste donc grande ouverte pour 2027.
La mesure elle-même se défend. Après la COVID, le Canada a eu recours aux permis de travail, aux permis d'études et aux visas de visiteur à une échelle sans précédent pour répondre à des guerres et à des crises, notamment avec les mesures pour les Ukrainiens. La Loi sur l'immigration et la protection des réfugiés n'a jamais été conçue pour utiliser les permis de travail de cette façon. Beaucoup de ces personnes ne peuvent pas rentrer chez elles, et elles ont maintenant un emploi, un logement et une famille ici.
Il faut aussi être clair sur ce que représentent ces chiffres. Les admissions de résidents permanents ne sont pas de nouvelles arrivées. La plupart de ces 200 000 personnes vivent déjà au Canada. Leur accorder la résidence permanente n'ajoute personne à la population ni aucune nouvelle demande de logement. Cette mesure sert en grande partie à écouler un vieil inventaire, ce qui montre à quel point la file d'attente s'est allongée. Une demande n'est pas une admission.
Résidents temporaires : des arrivées, pas des personnes
La nouvelle cible de 370 000 arrivées temporaires par année est plus élevée que ce qui s'est réellement produit en 2025. L'an dernier, le Canada prévoyait 673 650 nouveaux résidents temporaires, et moins de la moitié sont réellement arrivés.
| 2025 | Cible | Arrivées réelles |
|---|---|---|
| Travailleurs | 367 750 | 208 815 |
| Étudiants étrangers | 305 900 | 115 180 |
| Total | 673 650 | 323 995 |
Source : IRCC, Rapport annuel au Parlement sur l'immigration 2026, tableau 1.
Arrivées de résidents temporaires : cibles et résultats réels, de 2024 à 2027
Nouveaux travailleurs et étudiants étrangers arrivés chaque année (prolongations exclues)
- Cible d'arrivées
- Arrivées réelles
- 2026 à ce jour
* Les arrivées de 2026 couvrent seulement janvier à août (données au 31 août 2026). IRCC a fixé ses premières cibles d'arrivées de résidents temporaires dans le plan des niveaux 2025-2027; il n'y a donc pas de cible pour 2024. Les arrivées excluent les prolongations, les demandeurs d'asile et les travailleurs agricoles saisonniers. Sources : IRCC, Rapport annuel au Parlement 2026, tableau 1; IRCC, Comprendre les chiffres sur les étudiants et les travailleurs temporaires au Canada; plans des niveaux 2026-2028 et 2027-2029.
Voir les chiffres
| Année | Cible d'arrivées | Arrivées réelles |
|---|---|---|
| 2024 | Aucune cible | 686 010 |
| 2025 | 673 650 | 323 995 |
| 2026 | 385 000 | 195 335 (janv. à août) |
| 2027 | 370 000 | Encore inconnues |
Ces cibles ne comptent que les nouvelles arrivées. Elles excluent les prolongations, les demandes présentées au Canada, les demandeurs d'asile et les permis de travail postdiplôme, qu'IRCC traite comme des prolongations. En 2025, environ deux permis de travail sur trois entrés en vigueur étaient des prolongations pour des personnes déjà ici. Plus de 3,3 millions de personnes ont détenu un permis temporaire valide à un moment ou à un autre cette année-là.
L'objectif de ramener les résidents temporaires sous 5 % de la population existe toujours, mais il est relégué à une note de bas de page du rapport annuel, sans échéance. Accorder la résidence permanente à jusqu'à 200 000 personnes fait baisser le nombre de résidents temporaires du jour au lendemain, sans que personne ne parte. C'est une bonne politique, mais c'est en partie un exercice comptable.
Pendant ce temps, moins de résidents temporaires ont obtenu la résidence permanente en 2025 : 145 735 titulaires de permis de travail (une baisse de 9 %) et 20 790 titulaires de permis d'études (une baisse de 18,7 %).
Provinces, communautés rurales et immigration francophone
Le plan confie discrètement une plus grande part de la sélection aux provinces. Il augmente les admissions au titre du Programme des candidats des provinces et du Programme d'immigration au Canada atlantique, et le Projet pilote d'immigration dans les communautés rurales devient permanent. Le Budget de 2026 consacre aussi 151,5 millions de dollars à la refonte du Programme des travailleurs étrangers temporaires en fonction des besoins régionaux de main-d'œuvre.
C'est un pas dans la bonne direction. Les provinces sont plus près de leurs employeurs et de leurs marchés du travail, et les municipalités n'ont aucun rôle constitutionnel en immigration. Mais il y a un prix à payer : la province décide qui est désigné, et le gouvernement fédéral garde le dernier mot sur l'admissibilité. Ce processus en deux étapes allonge les délais de traitement, et une province peut approuver une personne qu'IRCC refusera ensuite.
En immigration francophone, les cibles continuent de grimper. Le Canada a dépassé sa cible pour une quatrième année de suite en 2025, et le plan vise maintenant 12 % des admissions à l'extérieur du Québec d'ici 2029.
| Année | Part des admissions | Admissions d'expression française |
|---|---|---|
| 2025 (réel) | 8,9 % (cible de 8,5 %) | 29 650 |
| 2027 (cible) | 9,5 % | 31 825 |
| 2028 (cible) | 10,5 % | 35 175 |
| 2029 (cible) | 12 % | 40 200 |
Source : IRCC, Rapport annuel au Parlement sur l'immigration 2026.
Atteindre 12 % est ambitieux, mais réalisable. Le moyen le plus rapide d'y arriver est de garder les étudiants et les travailleurs d'expression française qui sont déjà ici, dans des communautés comme Saint-Boniface et Saint-Pierre-Jolys, qui fait partie du Projet pilote d'immigration dans les communautés francophones. Avec la forte baisse des arrivées de nouveaux étudiants étrangers, il faut protéger ce bassin.
Ce qui manque : la citoyenneté
Le plan ne dit rien sur la citoyenneté. Il n'y a pas de plafond pour la citoyenneté, et il ne devrait pas y en avoir. Beaucoup de personnes y ont droit en vertu de la loi.
Mais depuis le projet de loi C-3, tout un nouveau groupe de Canadiens par filiation demande une preuve de citoyenneté, en plus des résidents permanents qui demandent l'attribution de la citoyenneté. Certains de ces nouveaux Canadiens viendront s'établir ici. Selon la propre estimation d'IRCC, le délai pour un certificat de citoyenneté est maintenant d'environ 34 mois, et environ 130 700 personnes attendent (voir notre suivi des délais de traitement, en anglais).
Si le gouvernement prévoit le nombre de nouveaux résidents permanents, il devrait aussi être transparent sur les nouveaux citoyens. Ce plan était une occasion manquée de fixer des normes de service pour la citoyenneté, ou du moins de dire au public à quoi s'attendre.
Ce que cela signifie si vous êtes déjà au Canada
IRCC n'a pas encore publié tous les détails sur l'utilisation des 200 000 places. D'ici là, voici ce que je dirais à toute personne ayant un statut temporaire :
- Gardez votre statut valide. Ne laissez pas un permis expirer pendant que vous attendez.
- N'attendez pas un nouveau programme. Cette mesure n'est pas une nouvelle voie d'accès. Elle accélère les demandes déjà dans la file d'attente.
- Tenez votre profil Entrée express à jour. L'immigration économique représente toujours 64,4 % des admissions, et les règles d'attribution des points ont changé le 3 novembre 2026 (article en anglais).
- Surveillez le programme des candidats de votre province. Le volet des travailleurs passe en partie par les provinces; les règles de votre province compteront donc plus que jamais.
- Si vous avez déjà présenté une demande au titre du visa pour démarrage d'entreprise, du programme des travailleurs autonomes, du projet pilote sur l'agroalimentaire, des programmes pour les travailleurs de soins à domicile, ou des voies d'accès pour Hong Kong ou pour les familles ukrainiennes, ou si votre demande pour motifs d'ordre humanitaire est approuvée en principe, votre dossier pourrait avancer plus vite en 2027.
- Si vous avez déjà présenté une demande de parrainage d'un époux ou d'un conjoint au Canada, les délais devraient se rapprocher de 12 mois à l'extérieur du Québec.
Cet article fournit de l'information générale et ne constitue pas un avis juridique. Chaque dossier est différent. Si vous voulez savoir où vous en êtes, réservez une consultation avec notre équipe.
Sources
- IRCC, document d'information : Building a stronger Canada through a well-managed, predictable immigration system (5 novembre 2026, en anglais)
- IRCC, Rapport annuel au Parlement sur l'immigration 2026, y compris l'annexe sur le Plan des niveaux d'immigration 2027-2029 (5 novembre 2026)
- IRCC, Mesure temporaire pour 2027 (5 novembre 2026)
- Gouvernement du Canada, Budget de 2026, chapitre 3, « Bâtir un système d'immigration plus réactif et plus résilient », pages 215 à 217
- IRCC : lancement des projets pilotes d'immigration dans les communautés rurales et francophones (janvier 2025, en anglais)
- Statistique Canada, estimations démographiques (23 septembre 2026)
- IRCC, Comprendre les chiffres sur les étudiants et les travailleurs temporaires au Canada (données au 31 août 2026, en anglais)
- IRCC, plans des niveaux d'immigration de 2018-2020 à 2025-2027 (cibles principales de résidents permanents pour chaque année)
Avis de non-responsabilité : Ce blogue fournit de l'information générale seulement, et non des conseils juridiques. Il peut être incomplet ou ne plus être à jour, car le droit change souvent. Pour obtenir des conseils adaptés à votre situation, consultez un avocat qualifié.
À propos de notre équipe
Cinq avocates et avocats, une généalogiste et une équipe de recherche, qui travaillent ensemble sur les mêmes dossiers.
Nos avocates et avocats ont été auxiliaires juridiques à la Cour fédérale, ont tranché des demandes à la Commission de l'immigration et du statut de réfugié, ont servi dans le service extérieur canadien et ont travaillé au sein des équipes d'immigration de grands cabinets nationaux. Kendra Gaede, notre généalogiste, préside le comité de recherche de la Manitoba Genealogical Society et connaît les registres du Québec et de l'Acadie jusqu'aux Prairies. Elle dirige les recherchistes qui retracent votre lignée et trouvent les documents qui la prouvent.
2012 à 2016
Cédric Marin, notre fondateur, étudie le droit civil et la common law à l'Université d'Ottawa.
2017 à 2022
Il est auxiliaire juridique à la Cour fédérale du Canada, tranche des demandes d'asile et des appels à la Commission de l'immigration et du statut de réfugié, et obtient une maîtrise en droit.
2023
Il fonde Marin Immigration Law à Ottawa.
2025
Le projet de loi C-3 entre en vigueur, et beaucoup plus de familles aux racines canadiennes peuvent revendiquer la citoyenneté.
2026
Quatre avocates et avocats, une généalogiste et une équipe de recherche se joignent à nous, et nous emménageons dans nos bureaux au 280, rue Albert.
Aujourd'hui
Une quinzaine de personnes, à Ottawa et partout au Canada.





